Il était couché sur le tapis vert de l’extérieur. Il laissait glisser, tournoyer, déchirer les herbes entre ses doigts sals et écorchés d’enfant. Ses yeux pointaient directement vers les étoiles. Il était fasciné, ou même émerveillé par le nombre d’étoiles qui s’y trouvaient. Il se demandait comment était-ce possible de ne pas voir toutes les étoiles, chacunes d’elles et où était la fin de cette série de boule de feu. Il essaya longtemps de les compter, en inventant plusieurs méthodes. 

L’enfant était fasciné et intrigué.
Fasciné et intrigué comme moi. Par contre, moi, je le suis tout autant avec l’amour que j’ai pour toi. 

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De la part de celle qui a toujours été là

En vous observant du haut de mes milliards d’années, je suis estomaquée de vos oeuvres, humains.

Je dois admettre avoir bien aimé vous voir évoluer. D’un homme mangeur d’animaux crus, des salles de tortures, des chambres à gaz ou bien aux terroristes qui ne réalisent pas qu’ils ne sont que d’un simple passage ici, votre « évolution » me fascine. Oh, me fascine, oui. En vous accueillant dans mon intimité, j’ai cru à des hommes qui débordaient d’idées de partage. Mais à mon humble détournement de regard, voilà la guerre et la monarchie. Blancs classés plus haut que Noirs, d’une division de mes terres qui crée un vrai scandale pur, j’ai honte. Après m’avoir détruite, vous voilà prêts à aller peindre vos atrocités sur mon satellite et Mars. J’aurais dû faire comme Jupiter ou bien Saturne; créer un environnement qui me sécurise. Je crois avoir été trop généreuse. Je regrette mon accueil puisque voilà une bande d’hommes qui mangent plus qu’à leur faim et voilà une autre qui se questionne sur ma date de mort… Après vous avoir tout donné, comment faites-vous pour être aussi égocentriques?

Tristement,
La Terre.